Ce support animé par Marceddu Jureczek, lui-même auteur de plusieurs publications en langue corse, est l’épicentre d’une activité de création et de réflexion sur la thème de la Corse d’aujourd’hui à laquelle sont associés : Lissandru Muzy, Micheli Solinas, Ghjuvan Micheli Weber et bien d’autres….

Une petite visite sur ce site s’impose ! Si vous pratiquez la langue corse vous pourrez ainsi pénétrer l’univers de la production contemporaine et constater sa qualité et sa grande diversité (essais, romans, poésie….). Si vous êtes débutants ou ne pratiquez pas la langue, sachez que le blog présente, parfois, des traductions de textes en langue française.

Il nous semble, à ce propos, que les traductions devraient être plus nombreuses car nous émettons quelques doutes sur la conception, fort honorable par ailleurs, qu’une traduction encourage le lecteur à oublier le texte original selon la loi universelle du « moindre effort ».

La situation qui est celle de la langue corse d’aujourd’hui est paradoxale : elle semble, selon les enquêtes, de moins en moins parlée par le plus grand nombre tout en étant de plus en plus maîtrisée par une partie de la population dont le noyau dur pourrait être les enseignants de langue et de civilisation insulaires. Il faut être vigilant sur les conséquences de cette dichotomie car, si elle se poursuit, la langue corse deviendra bientôt la langue d’une élite, ce qu’elle n’a jamais été….bien au contraire !

Entre les praticiens éclairés et les « indifférents », il existe l’énorme niche de ceux qui ont besoin d’être aidés et nous savons tous qu’il est particulièrement difficile d’apprendre un véhicule linguistique lorsque celui-ci est moins utilisé dans le quotidien.

C’est en songeant à eux que nous pensons utile de dire à tous les militants culturels de cette noble cause, que la plupart des amoureux réels ou potentiels de notre langue parlent, en général, le français et qu’il est peu prudent de leur ôter ce point d’appui. Il est même indispensable pour ne pas perdre pied dans la flore luxuriante de notre création littéraire qui devient chaque jour un peu plus exigeante. Point n’est besoin de traduire systématiquement tout mais il nous semble imprudent d’exclure le français comme s’il s’agissait d’une sorte de maladie honteuse ou d’une démission devant l’ennemi. Le slogan « Défense de cracher par terre et de parler corse, breton, basque ou catalan » est suffisamment révélateur des conséquences perverses qu’il implique pour qu’il ne devienne pas l’axiome d’exclusion fondant une nouvelle pratique de la culture. C’est précisément parce que la pratique dominante est élitiste et ségrégationniste qu’il convient de mettre en avant l’aspect populaire et intégrationniste d’une nouvelle donne.

Par ses qualités morales, sa haute valeur intellectuelle et une sensibilité qui ne lui fait pas défaut, le blog AVALI a tous les atouts de son côté pour illustrer ce que l’on nomme déjà : la seconde phase du « riacquistu »

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